- Duo NNBB -
 
 

No Parking / Nouveau CD
Bruno Bonansea & Nicolas Nageotte
Clarinettes

Disponible ici

- No Parking

1. Bruno MANTOVANI / METAL
(clarinette sib / clarinette basse)

2-11. Philippe HERSANT / Dix duos
(2 clarinettes sib)

12. Bernard CAVANNA / Parking Schubert
(clarinette sib / clarinette basse)

13. Bojidar DIMOV / Rituals for clarinet duo
(clarinette lab / clarinette mib / clarinette sib / clarinette basse / clarinette contrebasse)

14-18. Ahmet ADNAN SAYGUN / Sezisler (Intuitions)
(2 clarinettes sib)

19. Pascal DUSAPIN / Duo à deux
(clarinette sib / clarinette basse)

20-22. Michael JARRELL / M.P / P.M (Nachlese IIb)
(clarinette sib / clarinette en la)

23. Daniel D'ADAMO / Goodbye Universe \ X
(clarinette mib / clarinette sib)

24-28. Guillaume CONNESSON / Scènes de la vie Contemporaine
(clarinette sib / clarinette basse)

 

Disponible ici

 

 

Dans cet album nous avons fait le choix d’un programme entièrement original, constitué de 9 pièces qui nous ont séduits par la qualité de leur écriture, leur concision et leur force poétique. Pour aboutir ce projet nous avons eu le plaisir de travailler et d’échanger avec les compositeurs de toutes ces œuvres et nous leur en avons proposé le premier enregistrement mondial.

Riche d’une vaste étendue dynamique, d’une grande variété de timbres et de modes de jeu très contrastés, la clarinette se prête bien aux explorations acoustiques et au raffinement sonore. Stravinsky, Messiaen, Boulez, Berio, Stockhausen ou Aperghis (également Jarrell, Mantovani, Hersant ou Dusapin, ici présents pour leurs duos) lui ont réservé des pages importantes de leur musique soliste.

Composer pour deux clarinettes fait surgir avec bien davantage d’acuité tout le relief sonore dont l’instrument est capable, comme si nos oreilles chaussaient une loupe binoculaire.

La clarinette plaît pour sa ductilité, sa versatilité ; en plus d’être un instrument de la tradition classique occidentale, elle occupe une place importante dans le jazz et de nombreuses musiques populaires, traditionnelles ou modernes. Aussi à l’aise dans les salles de concert, dans les clubs, les cabarets ou les fêtes villageoises (particulièrement en Europe Centrale), la clarinette étonne par sa faculté sonore à se dédoubler. Et du dédoublement de l’instrument à celui de l’instrumentiste, il n’y a souvent qu’un pas.

 
 

La pièce de Pascal Dusapin, Duo à deux fonctionne ainsi comme une exploration de ce trouble schizophrénique.
Véritable pas de deux dans lequel les partenaires s’attirent ou se repoussent sous l’action d’une force centrifuge, Duo à deux sonne comme une danse imaginaire aux accents marqués et aux sonorités évoquant le free jazz.

La pièce de Bruno Mantovani pose aux interprètes le défi de la fusion des sons. METAL (derrière ce titre nous devinons qu’il s’agit d’un alliage) repose sur des superpositions de sonorités très tendues et des relais audacieux entre les deux instruments.
Au moyen de combinaisons très rythmiques provoquant des sensations de groove, la clarinette si bémol et la clarinette basse apparaissent comme des éléments complémentaires – l’un formant l’image de l’autre – dont l’association produit l’alchimie recherchée.

Les Dix duos de Philippe Hersant se savourent comme autant de miniatures illustrant un manuel de l’art de dialoguer à deux voix. Jointes ou disjointes, conjuguées ou simplement juxtaposées, alliées ou opposées, les deux voix apparaissent tantôt cheminant côte à côte (n°1), tantôt face à face (n°4, n°6), s’enlaçant (comme dans la pièce n°5 où les voix recherchent une fusion complète et lascive), se repoussant, ou s’ignorant respectueusement (comme dans la pièce n°10).

Sezişler (que l’on peut traduire par intuitions ou perceptions) d’Ahmet Adnan Saygun  est d’un caractère très rhapsodique. Cette pièce (datant de 1933, elle est de loin la doyenne des pièces enregistrées ici) est écrite comme une suite de 5 courts mouvements aux couleurs automnales, jouant sur le dialogue et le contrepoint, l’intimité et la retenue.

Pour Guillaume Connesson, écrire pour 2 clarinettes est l’occasion de nous introduire dans des Scènes de la vie contemporaine, comme si le prosaïque était une façon de répondre au son de la clarinette, ou plus vraisemblablement à l’idée de duo. Les instruments s’exclament ainsi joyeusement devant les cimaises (au Musée), se font galamment la cour à l’occasion d’un Dîner amoureux. Dans le Cauchemar du DJ les 2 clarinettes sont entrainées dans des rythmes puissants et quasi hallucinatoires, évoquant quelque chose d’une techno schizoïde.

Dans l’introduction de Parking Schubert, Bernard Cavanna réussit à créer l’illusion d’un seul instrument jouant plusieurs voix simultanément. Grâce à l’écriture parallèle des deux clarinettes il évoque les sonorités de l’orgue de Barbarie ou de l’orgue à bouche chinois sheng.
Mais l’originalité de cette pièce repose aussi sur l’idée de duplicité dont la clarinette est capable, lorsqu’ une mélodie de caractère ethnique (évoquant la Grèce) vient bousculer les sonorités plus classiques de l’instrument. Du même naît le divers, du semblable naît l’étrange.

La pièce de Michael Jarrell nous entraîne de manière vertigineuse bien plus loin dans la problématique du double. Une clarinette (en si bémol) en cache une autre (la clarinette en la). L’idée d’apparier ces faux jumeaux aux sonorités si proches tient du paradoxe. Le titre M.P / P.M. (les lettres des initiales des créateurs de la pièce, Michel Portal et Paul Meyer) évoque bien cette fausse gémellité.
Le premier mouvement est une reformulation d’une partie du matériau d’Assonance (pour clarinette seule, composée en 1983) mais éclatée entre les deux clarinettes qui s’en partagent la ligne mélodique.
Le deuxième mouvement débute par un troublant tuilage de sons entre les deux instruments qui résonnent chacun comme l’ombre de l’autre. Dans une seconde partie l’utilisation de sons multiphoniques donne naissance à une véritable polyphonie à l’écriture pleinement chorale.
Le final est une époustouflante explosion de ces deux étoiles jumelles, filant comme des comètes à travers toute l’étendue possible des couleurs et des dynamiques.

C’est à un autre contrepoint que nous invite Daniel D’Adamo dans son Goodbye Universe \ X. Plutôt que de chercher la synchronicité et le parallélisme entre les voix, il les tisse d’une manière plus articulée, avec des jeux d’attaques et de résonances, de causes suivies d’effets ou d’involution. C’est finalement une façon plus contradictoire ou dialectique d’imaginer la rencontre, ici entre deux autres instruments rarement appariés, la clarinette si bémol et la clarinette piccolo en mi bémol.

Avec le dialogue naît la possibilité du décalage, de l’ironie, du débat. C’est à ces jeux d’apparition du langage que nous invite Bojidar Dimov dans ses Rituals for clarinet duo.
Ici la division de la famille des clarinettes est la plus totale, allant de la très rare la bémol aigu à la presque aussi rare clarinette contrebasse, dans une vertigineuse alliance des contraires.
Au cœur de tous ces fâcheux ébats sonores surgit la possibilité du verbe (et avant lui du phonème), comme en témoignent les éclats de voix des deux clarinettistes qui se font entendre de temps à autre.

La réalisation de ce disque nous a donné beaucoup de joies, particulièrement les moments passés avec les compositeurs. Tous nous ont accordé une extrême attention, en même temps que de précieux conseils, et nous les en remercions chaleureusement.
Nous espérons à l’occasion de ces enregistrements avoir su préserver toute la matière vivante de leur musique afin de vous la faire partager aujourd’hui.

Nicolas Nageotte et Bruno Bonansea
 
Soliste / Récital
 
Pédagogie
 
Duo Bonansea / Nageotte
Duo Yati
Klezrem'x
Quintette K
Kammer Ensemble de Paris
 
Festival "Les Echappées Musicales du Médoc"
 
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